« C'est combien vos frais ? » est la première question de tout commerçant, et c'est la bonne. Mais un taux, seul, ne répond qu'à un cinquième de la question. Le coût d'un encaissement se compose de cinq lignes, dont une seule est affichée sur les pages de tarifs. Voici les cinq, avec de quoi calculer les vôtres.
Ligne 1 — La commission d'encaissement
C'est celle que tout le monde regarde. Chez WalleoPay, elle vaut 3 % du montant, prélevés uniquement sur les paiements qui aboutissent. Pas d'abonnement, pas de frais d'installation, pas de montant minimum de facturation, pas de part fixe par transaction.
Sur une vente de 10 000 FCFA, la commission s'élève à 300 francs et votre solde est crédité de 9 700. Sur 1 250 francs, le calcul donne 37,5 : comme le franc CFA n'a pas de centimes, l'arrondi se fait à l'unité supérieure, soit 38 francs. C'est écrit une fois, à la création du paiement, et stocké avec lui — la commission ne se recalcule jamais après coup.
Le point qui compte pour votre marge n'est pas le taux mais son assiette : un paiement refusé, annulé, expiré ou abandonné ne donne lieu à aucune commission. Vous payez sur ce que vous encaissez, pas sur ce que vous tentez. C'est une différence de fond avec les modèles où chaque tentative se facture.
Ligne 2 — La sortie de l'argent
Votre solde est crédité en francs, et vous demandez un reversement vers votre numéro Mobile Money quand vous le voulez, à partir de 1 000 FCFA. Jusque-là, rien de surprenant.
Deux coûts s'ajoutent ensuite, et il faut les distinguer. Les frais d'envoi du reversement vous sont affichés avant que vous validiez la demande : vous savez ce que vous allez recevoir avant de cliquer, sans mauvaise surprise au crédit. Puis le retrait en espèces chez un agent, facturé par votre opérateur selon sa propre grille. Cette grille est publique, affichée chez les agents et consultable depuis le menu de votre opérateur. Elle fonctionne par tranches, ce qui a deux conséquences très concrètes :
- Retirer en une fois coûte moins cher que retirer en cinq fois. Cinq retraits de 20 000 francs coûtent presque toujours plus qu'un seul de 100 000.
- Retirer n'est pas toujours nécessaire. Si vous payez vos fournisseurs, vos livreurs ou vos factures en Mobile Money, l'argent qui reste dans le portefeuille ne coûte rien. Le coût naît du passage au cash, pas de l'encaissement.
Beaucoup de commerçants découvrent en faisant leurs comptes que leur poste de frais le plus lourd n'est pas la commission de la passerelle, mais leur habitude de vider le portefeuille en petites coupures tous les deux jours.
Ligne 3 — Le temps de rapprochement
C'est la ligne invisible, et c'est souvent la plus chère.
Encaisser sans automatisation — code marchand USSD, SMS de confirmation, capture d'écran envoyée par le client — ne coûte aucune commission. En échange, quelqu'un doit, pour chaque vente : lire le SMS, retrouver la commande, comparer le montant, vérifier l'heure, marquer la commande payée. Comptez une minute par transaction quand tout va bien, cinq quand il faut appeler le client.
Faites le calcul sur votre propre volume. À 40 ventes par mois, c'est moins d'une heure : négligeable. À 40 ventes par jour, c'est une heure quotidienne, soit une vingtaine d'heures par mois — un mi-temps partiel que personne n'a budgété. Valorisez cette heure au coût réel de la personne qui la passe, et comparez-la aux 3 % de la même période. Le résultat surprend souvent.
À ce temps s'ajoute le coût des erreurs de rapprochement : la commande marquée payée deux fois, celle livrée sur une capture fabriquée, celle oubliée parce que le SMS est arrivé pendant une coupure. Ces incidents sont rares à l'unité et coûteux au total.
Ligne 4 — Les ventes qui n'aboutissent pas
Un paiement échoué ne vous coûte pas de commission. Il vous coûte la vente.
C'est la ligne la plus rentable à travailler, parce qu'elle ne se négocie avec personne : elle dépend entièrement de votre parcours de paiement. Un client dont le portefeuille est à sec, qui ne voit pas la fenêtre de confirmation arriver, ou qui ne comprend pas le message d'erreur, est une vente perdue à coût nul pour la passerelle et à coût plein pour vous.
Deux points concrets font la différence : un message d'échec qui dit quoi faire — « rechargez chez un agent et réessayez » plutôt que « paiement refusé » — et un bouton pour relancer la demande sans recréer la commande. Récupérer un client sur dix qui échoue rapporte, sur la plupart des boutiques, davantage que trois dixièmes de point de commission.
Ligne 5 — La trésorerie immobilisée
Entre le moment où le client est débité et celui où l'argent est disponible pour vous, il s'écoule un délai. Ce délai a un coût quand il vous oblige à avancer votre stock, et il a une valeur quand il est court.
La question à poser à toute solution est donc précise : quand mon argent est-il disponible, et qui décide de le libérer ? Sur un solde crédité au moment du paiement réussi et reversé à la demande, le délai dépend de vous. Sur un règlement hebdomadaire, il dépend d'un calendrier.
Les six questions à poser avant de signer
Quelle que soit la solution que vous comparez, les réponses à ces six questions donnent le coût réel bien mieux qu'un taux affiché en gros :
- Y a-t-il un abonnement mensuel, des frais d'installation, un montant minimum facturé ?
- La commission est-elle prélevée sur les tentatives ou uniquement sur les paiements réussis ?
- Y a-t-il une part fixe par transaction ? Sur les petits montants, elle pèse davantage que le pourcentage.
- Le reversement vers mon numéro Mobile Money est-il facturé, et à partir de quel montant puis-je le demander ?
- Quand l'argent devient-il disponible, et le calendrier dépend-il de moi ?
- Chaque mouvement est-il tracé ligne à ligne, avec sa commission et le solde obtenu ?
Cette dernière question paraît accessoire. Elle ne l'est pas : une solution qui ne vous montre pas le détail de ses prélèvements vous empêche de vérifier son propre tarif.
Un ordre de grandeur pour se situer
Prenons une boutique qui réalise 600 000 FCFA de ventes dans le mois, réparties sur 40 commandes de 15 000 francs. La commission d'encaissement s'élève à 18 000 francs, soit 3 %.
Face à cela, un encaissement manuel au code marchand affiche 0 franc de commission — mais suppose 40 rapprochements, un ou deux litiges à traiter, et autant de retraits en espèces que de passages chez l'agent. Le point de bascule n'est pas un taux, c'est un volume : tant que le rapprochement tient dans quelques minutes par jour, le manuel reste défendable ; au-delà, il coûte plus cher que la commission qu'il économise.
Le bon réflexe n'est donc pas de chercher le taux le plus bas, mais de calculer une fois, sur vos propres chiffres, ce que vous coûte chacune des cinq lignes. La plupart des commerçants qui font l'exercice découvrent que les trois lignes du milieu pèsent plus lourd que la première.